Hélène Schjerfbeck (1862-1946),

Publié le 5 Avril 2009

Hélène Schjerfbeck peintre finlandaise de langue suédoise est née à Helsinki en 1862 .

Mise à l'écart dès quatre ans, après qu'une luxation de la hanche et une santé précaire l'empêchèrent de fréquenter l'école, Schjerfbeck est admise à l'École de dessin de la Société des Beaux-arts de Finlande à l'âge de 11 ans en raison de ses dons exceptionnels.






                                                                                                         



Elle est remarquée, dès 17 ans, pour ses peintures historiques,
genre réservé, jusque-là, aux hommes


              1880, Soldat blessé dans la neige, œuvre relative à la Guerre de Finlande

C'est grâce au Soldat blessé que Hélène Schjerfbeck obtient la bourse qui lui permet de venir à Paris pour s'inscrire à l'une des académies de peinture ouvertes aux femmes . 
Elle se rendit par la suite en Bretagne, pour continuer à travailler dans les communautés d'artistes, notamment à Pont-Aven (1880-1884).


"Jeune garçon nourrissant sa petite sœur"


Schjerfbeck réalisa plusieurs portraits en Bretagne, dont celui de deux enfants intitulé
"Jeune garçon nourrissant sa petite sœur" (1881), toile critiquée par sa "laideur" naturaliste, encore relativement nouveau en peinture.
Outre en France où Schjerfbeck séjourna à plusieurs reprises, elle se rendit en Italie et en Angleterre.


Elle participa en tout trois fois au Salon de Paris et reçut, pour son œuvre "La Convalescente,"réalisé à 26 ans , la médaille de bronze à l'Exposition universelle de 1889.

 Il en existe plusieurs autres versions, réalisées surtout au cours des dernières années de la vie du peintre.
La toile se laisse lire comme le retour au moment où se fracture ou se blesse le corps, l'instant auquel se grefferont d'autres traumatismes ultérieurs.
D'autre part, elle évoque, tout aussi indéniablement, le temps de régénération qui succède à la blessure
.






Cette première Convalescente fut réalisée à St. Ives, petite ville côtière de la Cornouaille où Schjerfbeck, amoureuse d'un peintre britannique, subit une grande déception amoureuse.
Le couple devait se marier, lorsque le fiancé (dissuadé par sa famille qui craignait le voir épouser une femme contagieuse ) mit brusquement fin à la relation.
Ils semblent avoir redouté, comme d'ailleurs Schjerfbeck elle-même, que ses problèmes de santé soient liés à la tuberculose





Outre le fait que trois des cinq enfants de la famille 
Schjerfbeck sont morts très jeunes, le père succomba à la tuberculose quand Hélène avait treize ans.
Et surtout, il y eut la luxation de la hanche gauche : la dislocation que l'on retrouvera à travers les réarticulations et entorses successives de son œuvre
.




 

Au début des années 1890, Schjerfbeck dut, faute de moyens, renoncer à sa vie d'artiste indépendante.
Elle retourne en Finlande pour enseigner dans son ancienne école de dessin.
Elle se voit également obligée, après le mariage de son frère, de prendre à sa charge leur mère, Olga. 

                                                                                                                                                                                                                     


La Finlande traversait alors une période tourmentée, avant d'obtenir son indépendance
en 1917.



Hélène Schjerfbeck, sans message politique, poursuit ses recherches dans le domaine de l'expression picturale.

D'une indépendance farouche à l'égard de tout engagement nationaliste et féministe ,
voici ce qu'elle écrit dans une lettre de 1917 :
"La participation en tant que femme au milieu des femmes me donne envie de rebrousser chemin. Je pense qu'il vaut mieux être une personne sans importance dans la foule, plutôt qu'occuper une place visible parce 'malgré le fait qu'on soit femme' on a réussi à réaliser une œuvre."




Son refus catégorique de participer aux expositions pour femmes est motivée de manière aussi laconique : "Je suis contre 'Exposition de peintres femmes', car à ma connaissance, il n'existe pas d'expositions 'seulement pour hommes'. Les œuvres d'art ne devraient-elles pas fournir leur propre justification ."







Hélène réalisa une quarantaine d'autoportraits, considérés comme uniques dans l'histoire de la peinture. Couvrant une période très longue, près de soixante-dix ans, ils témoignent de la recherche artistique et identitaire d'une femme qui, malgré toutes les difficultés rencontrées, rejeta les compromis avant de devenir, après sa mort, l'un des principaux peintres modernistes de l'Europe du Nord.


Dès le premier portrait, elle ne donne à voir que le visage, le cou et les épaules, parfois le buste. Rien de plus. Face au spectateur, le peintre interdit ainsi tout droit de regard sur son corps .

Le visage, marqué par l'opposition entre nuances chaudes et froides, s'écarte effectivement de la représentation conventionnelle du "beau sexe", singularité qui n'échappe pas à la critique de l'époque.


Ce qui marque les tout derniers autoportraits, c'est à la fois l'impression d'une accélération du temps, et l'effacement des dernières taches de couleurs. Le sujet se regarde en face, tout comme il continuera à regarder la mort en face. 
Hélène Schjerfbeck meurt au sanatorium de Saltsjöbaden en Suède en 1946


 





















 

 

 

Rédigé par Urga

Publié dans #PEINTRES D'ICI ET D'AILLEURS

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tuula BONNEFOND 08/11/2009 09:30


Etant finlandaise ....qui habite en France depuis 40 ans .....la presidente d'une asso d' artistes , Helena Schjerfbec a toujours ete ma peintre preferé !!!! Malheureusement pas assez connue en
France !!!!!!


Alice 18/04/2009 19:24

Je ne connaissais pas cette peintre ... intersssant sa palette avec ce noir ..

liedich 10/04/2009 11:57

ah oui ! j'aime beaucoup...... pourquoi me suis je dit : tiens une Femme peintre !!!!
Quel couillon je fais.
Merci je me sens heureux.
tOI aussi, j'espère.

virjaja 08/04/2009 09:57

bonjour, magnifique, je ne la connaissais pas, très belle découverte. merci! bisou.
je m'inscrit a ta news...

eva48 06/04/2009 23:18

voilà une artiste très expressive que j' ai eu du plaisir à découvrir merci du partage,j' espère que tu vas mieux

~~Dana ~~ 06/04/2009 22:12

Un superbe article Urga...tu vas bien ? cela fait un moment qu'on ne s'est parlé...je t'embrasse.

**Lajemy** 06/04/2009 21:35

je ne connaissais pas, merci pour cette découverte Urga ! bisous bisous

Bruno 06/04/2009 20:47

J'aime bien ce style un peu sombre et dépouillé
bisous

maNinou85 06/04/2009 19:31

Merci pour ce magnifique article sur une femme qui voulait être peintre avant tout et lutta à sa manière et avec beaucoup de volonté contre le sexisme à une époque où la femme n'était que la conjointe d'un homme...

Quichottine :0010: 06/04/2009 11:29

C'est un très beau billet, comme toujours lorsque tu parles de peintres.

Merci pour cette découverte.

Domino 06/04/2009 11:08

une note magnifique sur cette artiste que je ne connais pas , j'aime beaucoup le tableau des 2 enfants ou le petit garçon donne à manger à sa soeur
par contre les protraits à la fin sont d'une tristesse !!!
belle oeuvr bonne journée bisous

p'tite môman :0059: 06/04/2009 11:06

une grande artiste bien méconnu il me semble..
merci d'avoir fait en sorte que nous puissions apprécier ses oeuvres..

Luz 06/04/2009 10:35

Enorme !
je reviendrais,...Merci.
Je souhaite une bonne journée à celle qui nous offre de si belles découvertes.

mamago 06/04/2009 10:17

Je ne connaissais pas, très intéressant j'aime beaucoup les enfants, les dernières sont tristes. Bises et bonne semaine

dianou 06/04/2009 08:06

bonjour, jolie visite et belle expo, voila une artiste que je ne connaissais pas ! les femmes en ce temps ne comptaient pas beaucoup , mais cela a t'il changé ? bisous dianou

Malika 06/04/2009 08:00

J'aime bien les enfants avec leurs sabots. Bises. Malika.

Dany58 05/04/2009 23:14

Je ne connaissais pas du tout. Son œuvre est riche et très originale.
Bonne nuit Urga
Bisous